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À l'assaut d'une montagne de Chine

Il faut que je me repose après chaque pelletée de neige, maintenant. Je creuse, et le vertige me prend, j’ai du mal à respirer. Une douleur sourde bat dans mon front et chaque fois que je me penche, des étourdissements m’affaiblissent. Qu’importe, le panorama est splendide. En compagnie de trois amis, je me trouve à 6710 mètres (22 000 pieds) d’altitude sur le Muztagh Ata, l’un des plus hauts sommets de la chaîne du Pamir, en Chine de l’Ouest. Peu d’Occidentaux l’ont jamais contemplé. Ll y a quelques jours que nous grimpons à ski les champs de neige en pente douce du flanc ouest de la montagne pour laisser à nos organismes le temps de s’accoutumer graduellement à l’air raréfié. La gradation n’a pas été suffisante, je m’en aperçois, témoins les malaises que je ressens à cette altitude. Le processus vital d’acclimatation n’est pas achevé. Pourtant, si nous passons une bonne nuit sur la corniche que je déblaie, nous avons l’intention d’etamer demain l’assaut sure le sommet qui nous attend près de 915 mètres plus haut.

Il y a plusiers mois qu’a débuté au Canada notre départ pour le Muztagh Ata.  Nous nous préparions à l’expédition canadienne 1982 au mont Everest patroneé par Air Canada, et avions jugé qu’une séried’ascensions à haute altitude en 1981 améliorerait les chances de l’équipe lore de l’attaque du plus haut sommet du monde l’anneé suivante.  Nous avions en effet songé que, si les alpinists canadiens comptent parmi les meilleurs sur le plan de la technique, ils n’ont pas l’habitude des altitudes extremes.  Le plus haut pic du Canada est le mont Logan dans le masis Saint Elie, au Yukon, et il ne fait que 6050m. Rares sont d’ailleurs les Canadiens qui se sont aventurés dans les plus hauts sommets de l’arc himalayen en Asie.

Il faut dire que depuis l’avènement du régime communiste en 1949, l’ascension des montagnes chinoises a été interdite aux alpinists occidentaux. La situation changea du tout au tout en 1980 avec la creation de l’Association chinoise d’alpinisme qui devait aider les groupes étrangers à pénétrer en Chine.   A titre de chef de l’expédition 1982 sur1’Everest, il me revenait de négocier un protocole d’entente. J’écrivis pour de­mander des renseignements, à la suite de quoi nous fûmes invites a envoyer un représentant a Beijin (Pékin). Je partis fin avril pour revenir huit jours plus tard avec l’autorisation de faire en septembre 1981 l’ascension des 7546m du Muz­tagh Ata. Nous serious le premier groupe d’alpinistes canadiens a faire de l’escala­de en Chine.

  Adossé aux frontières de Russie et d’Afghanistan, le Muztagh Ata est situé aux confins de la Chine occidentale. Les indigènes l’ont considéré longtemps comme le plus haut pie du globe, d’où son nom qui signifie: père des monta­gnes de glace. D’après la légende, une vile s’élève en son sommet, où les arbres portent des fruits toute l’année et on l’on vit dans une paix et une harmonie jamais démenties. D’autres légendes mention­nent un tombeau sacré gigantesque qui abriterait la dépouille de Moïse.

La première tentative d’ascension du mont remonte à 1894 (l’explorateur sue­dóis Sven Hedin avait atteint 6279 m a dos de yack.), mais le sommet ne fut vaincu qu’en 1956 par une grosse équipe sino-russe. Un groupe de Chinois et Chinóises répéta l’exploit trois ans plus tard pour s’exercer à l’ascension de l’E­verest qui devait avoir lieu en 1960. Il fallut attendre 1980 pour que plusieurs Américains tentent à nouveau l’ex­périence en skis d’alpinisme. Jamais au­paravant on n’avait escaladé de si haut sommet entièrement a ski, la descente s’étant d’ailleurs fait par les mêmes moyens. Nous voulions les adopter nous aussi, mais en suivant un itinéraire dif­férent pour nous enorgueillir d’une pre­mière canadienne sur la montagne.

Fin août 1981, les quatre membres de l’équipe de l’Everest choisis pour l’ex­pédition quittèrent Calgary pour Bei­jing. Nous ne reviendrions au Canada que six semaines plus tard. Nous étions tons des alpinistes expérimentés dotes d’une longue habitude acquise un peu partout dans le monde. Le guide che­vronné Lloyd “Kiwi” Gallagher, âgé de 42 ans et actuellement spécialiste en questions alpines auprès du gouverne­ment de l’Alberta, avait pris part en 1977 a l’ascension d’un voisin de l’Everest, le Pumori qui était a l’époque, avec ses 7145m, le plus haut sommet vaincu par des Canadiens. Le photographe pro­fessionnel de la nature Pat Morrow, 29 ans, venait d’escalader l’Aconcagua, en Argentine; avec ses 6960m, c’est le plus haut pie du monde occidental. Skieur d’élite, Pat était bien décidé a tenter l’ascension du Muztagh Ata en skis de fond légers et à être par la même occa­sion le premier à agir ainsi en haute altitude en équipement Nordic. Enfin, notre médecin Stephen Bezruchka, 38 ans, avait réussi en juin la difficile ascen­sion de la corniche orientale du mont Logan.

De Beijing, l’avion nous conduisit 4000km plus à l’ouest, à Kashgar. Cette ville de 175 000 âmes abrite essentielle­ment des Ouigours, une des 55 minorités ethniques de Chine auxquelles le régime communiste a accordé une certaine an­tonomie tout en les laissant garder leur religion et leurs coutumes. La visite de Kashgar nous ramena à l’Asie du debut XXe s. Les choses n’ont guère change dans cette cite où la Grande-Bretagne installa jadis, aux limites extrêmes de son empire, une délégation et où conver­geait l’antique route de la soie qui reliait Cathay à la Perse à l’est et a Rome à l’óuest. Pendant de nombreuses années les marchands voyagèrent a dos de chameau pour atteindre l’oasis de Kashgar a travers les immensités du desert de Taklamakân et franchirent les cols dn Pamir avant d’arriver en Asie du centre ou de l’ouest, a la Méditerranée ou plus loin encore. Isolée des influences occidenta­les, Kashgar reste fidèle à ses moeurs de toujours. Les transports s’effectuent toujours en charrettes bancales tirées par des ânes, à peine concurrencées parfois par un tracteur déglingué ou une jeep importée de Russie et peinte en ce vert terne qui désigne l’Etat. Vêtues de couleurs vives, les femmes ouigours envahissent les bazars où les négociants de la région écoulent leurs marchandises. C’est ici qu’on cultive “les meilleures pastèques du monde” et qu’on tisse des tapis aux motifs ravissants. L’odeur du mouton rôti en plein vent s’infiltre par­tout. Quand nos chaperons empressés nous laissent le temps d’arpenter la pous­sière des rues, les Ouigours s’attroupent, bouche bée, antour de ce qui est pour beaucoup leurs premiers Occidentaux. Au seul nom de Canada, ils sourient et hochent la tête. Ici comme dans le reste de la Chine, le Dr. Norman Bethune, ce médecin canadien qui donna sa vie pour la revolution chinoise, est un héros.

Chargeant nos 400 kg d’équipement et de vivres dans un car poussiéreux qui tombe en ruines, nous abandonnons les douceurs de l’hôtel d’Etat pour parcou­rir les 200km exténuants qui nous sépa­rent du village de Subashi, au pied du Muztagh Ata. Le chemin, tortueux et cabossé, fait partie de la route du Kara­koram qui joint la Chine au Pakistan proche. Nous dépassons des éboulis récents, des amas de terre emportée par les pluies diluviennes. Au poste de con­trôle militaire où nous nous arrêtons, un chameau traine une niveleuse et les hommes de l’Armée de liberation assu­ment leur rôle avec désinvolture. A l’ouest, les ombres du soir descendent du Muztagh Ata que nons poursuivons au moment on nous pénétrons dans la val­lée de Sarikol. Le trajet nous a pris 11 heures à une moyenne inférieure à 20 km à l’heure...

La vallée est peuplée d’une autre race indigène, célèbre pour ses cavaliers d’éli­te: les Kirghizes. Au cœur de l’été, ces braves gens, jadis nomades, partent en famille avec leurs chèvres et leurs moutons pour les pâturages alpins qui entourent le Petit lac Karakul où ils montent ces tentes coniqnes en feutre qu’on appelle yourtes. L’hiver, ils réintègrent les murs de terre des maisons de Subashi.

Nous nous reposons quelques jours pour nous adapter aux 3965 m d’altitu­de. Des sourires nous accueillent dans les yourtes où nous entrons et des éclats de rire saluent nos efforts de communi­cation par signes et mimiques. Invités à entrer, nous nous asseyons sur les tapis multicolores qui rehaussent le sol de terre. On nous apporte du yogourt aigre. Les hommes sont vêtus de noir: habits de velours côtelé, hautes bottes, chapeau de laine grossière sur leur tête rasée. L’habillement des femmes est éclatant: foulard rouge sur la tête, jupe longue, corsage plissé, colliers de perles chamar­rées, pendants d’oreille en argent très travaillé. Les visages fiers respirent une sante acquise au grand air. Même dans ces lieux reculés, à huit kilomètres de la frontière russe, la seule mention du Ca­nada fait naitre des sourires de conni­vence, mais notre decision d’entrepren­dre l’ascension de leur montague les frappe de stupeur, surtont parce que nous avons choisi de le faire skis aux pieds: nul ne connaît ces accessoires dans la vallée.

Grâce à l’efficacité de notre agent de liaison chinois Song Zhi-Yi et à notre interprète Tien Sheny-Yuan, nos paque­tages gagneront à dos de chameau le camp de base monte pour notre expédition 400 metres plus haut. Un beau matin, les chameaux s’annoncent; ils déambulent d’un pas assure et manifes­tent leur profonde désapprobation en grognant et en régurgitant leur herbe an nez des Kirghizes leurs maîtres. Nous partons par une journée tiède et limpide, juchés sur nos sacs d’equipment et de vivres, nos skis fixes en dessous de nous. Les chameaux ont bien assez de ressort pour transporter chacun plus de 150 kg, mais à cette altitude, ils sont hors de leur element et plus obstinés encore si possi­ble que d’habitude.

Au camp de base, nons réussissons a faire transporter nos bagages 215 mètres plus haut par un chamelier soucieux, mais de là, il nous faut les porter sur le dos et faire plusieurs voyages jusqu’au camp nº 1, a 5250 mètres. A mesure que nous montons, nous ralentissons le pas. La respiration s’accélère, les pauses se prolongent. Non encore accoutumés, nous sommes la proie de maux de tête lancinants: reaction d’un organisme qui lutte pour assimiler l’oxygène d’une at­mosphere raréfiée. Enfin, nous nous installons sous nos tentes géodésiques et coupons tout lien avec la vallée en ren­voyant nos guides. Désormais, notre seule pensée sera de grimper sans cesse jusqu’à ce que nous “émergions” au sommet. Cette nuit-là, une tempéte de neige fait rage et les cauchemars m’agitent: je rêve que je suffoque. M’éveillant en sursaut, je dois m’asseoir pour reprendre haleine. Le phénomène se reproduit à plusieurs reprises et c’est à peine si je dors. La nuit, glaciale, s’étire.

       La tempête nous a laissé 50 cm de neige. II faut attendre 24 heures qu’elle se tasse, ce qu’elle fait parfois avec une imprévisibilité éprouvante pour les nerfs. Même le lendemain, il faut avan­cer avec précautions. La plus légère perturbation pourrait faire glisser toute la pente et une avalanche nous goberait sans laisser de trace.

La camp nº 2 se trouve sur la “ligne des neiges”, c’est-à-dire à la limite in­férieure des neiges éternelles qui dissi­mulent le mont Muztagh Ata jusqu’au sommet, à 2287 métres au-dessus de nous. En attendant le soleil matinal qui réchauffera aussitôt notre tente lourde de givre, nous restons dans nos duvets en buvant du thé et de la soupe bien chaude. A haute altitude, l’organisme ne cesse de se déshydrater, par la transpira­tion, la respiration et l’évaporation épi­dermique rapide. Si nous voulons garder nos forces, Il faut remplacer ces liquides aussi nous forçons-nous à avaler chaque jour les quatre litres d’eau requis. Nos repas consistent en soupes épaisses où la neige fondue fait office de bouillon. Les difficultés respiratoires causées par la sécheresse de l’air ayant occasionné toux et maux de gorge, nous devons souvent nous contraindre à manger. Nous ne survivrons, nous le savons, que si notre estomac vent bien garder ces aliments et ces liquides. Nous mangeons et buvons done lentement pour l’apprivoiser.

Le soleil frappe la tente. Las frimas accumulés pendant la nuit au bord du toit par notre souffle commencent a fondre et à dégoutter sur le bric-à-brac de sacs de couchage, de coussins en mousse, de sacs à dos, d’appareils photo, de casseroles et de réchauds parmi les­quels nous nous sommes tournés et re­tournés en vain dans l’espoir de trouver une position confortable. L’un apres l’autre, nous nous extirpons de nos sacs. Comme nous avons dormi tout habillés pour nous tenir au chaud, nous n’avons qu’à enfiler nos bottes et nos vestes avant de sortir en rampant de la tente pour nous débattre avec des skis cou­verts de glace. Une demi-heure plus tard, les sacs remplis des provisions dont nous aurons besoin au camp suivant, les skis fixés aux bottes de plastique et de mousse que nous porterons sur ‘Everest, nous prenons le départ. Les peaux de phoque synthétiques attachées à la base des skis nous donnent prise sur la neige molle et nous permettent de grimper à la diagonale en longs zigzags.

C’est Lloyd qui fait la trace dans les congères. Sans nos skis, nons nous enfon­cerions jusqu’aux genoux et la montée serait épuisante, voire impossible. Même avec eux, le rôle de Lloyd est dur et nous nous relayons souvent. Avec l’altitude, nos arrêts se prolongent (trois, quatre, cinq respirations) et nous avançons plus lentement. En fin de journée, après sept heures d’ascension, nous n’a­vons gagné que 427 mètres.

A 10 jours du camp de base, nous sommes à portée du sommet. Nos nau­sées et nos migraines nous disent à suffi­sance que notre rythme a été trop rapide pour une totale acclimatation. Tout en aménageant tine saillie pour notre tente en dôme et notre quatrième et dernier camp, nons envisageons de nous reposer une journée pour nous adapter mieux. Notre organisme a besoin de temps pour se faire au passage de l’oxygène à la surface des poumons et des tissus.

Le lendemain, le temps a beau être idéal, nous restons sous la tente et nous nous détendons. Sachant que l’assaut final nous attend, nous faisons fondre sans cesse de la neige et absorbons bon gré mal gré du thé, du jus chaud et de la soupe agrémentée de viande en conser­ve et de legumes déshydratés. En debut d’après-midi, j’essaie d’avaler du choco­lat chaud quand je suis pris d’un violent haut-le-cœur qui me fait perdre les précieux liquides que j’accumulais avec soin. Mon pouls tombe à 60 à la minute et je suis blanc comme un linge malgré le coup de soleil des jours précédents. Ste­ve, le médecin, me fait concher à plat, les pieds surélevés, et je reprends des cou­leurs, mais l’épisode me laisse d’une faiblesse inquiétante. Dans cet état, je risque le mortel œdème cérébral ou pulmonaire dû au manque d’oxygène dans le sang qui irrigue les organes vitaux. L’alerte a été chaude: les autres ont craint de devoir m’évacuer, ce qui aurait mis tin terme à l’expédition. A ces hauteurs, l’intervalle entre la réussite et l’échec est des plus minces.

L’aube du 17 septembre est aussi claire que les précédentes. Je m’étonne que le temps soit stable depuis si longtemps. Notre ascension automnale est une sorte de gageure car on n’a jamais escaladé le mont si tard dans la saison. Nous nous étions préparés au froid et à la neige épaisse, et nous n’avions pas tort: chaque nuit, le thermomètre descend à -25º, -30º C, et nous gelons jusqu’aux os malgré nos excellents sacs en duvet.

En entamant les préparatifs de l’as­sant final, j’ai plus froid que jamais. Me débattant avec mon équipement, j’em­boîte le pas à Pat, l’équipier le plus robuste qui fera la trace aujourd’hui. La neige est glacée en surface et propice aux avalanches. Elle exige d’infinies précautions. J’ai passé la nuit à craindre de n’avoir plus la force d’aller jusqu’au bout. J’en ai maintenant confirmation. II faut que je fasse demi-tour. Je suis d’une faiblesse pitoyable et les engelures me mordent déjà le bout des doigts. Si je continue, je risque d’obliger Stephen, Lloyd ou Pat a renoncer à l’ascension puisqu’il faudrait que l’un d’eux m’ac­compagne si j’abandonnais plus tard. Je suis déçu, mais sans regrets: cela arrive en altitude quand l’organisnie est à la limite de ses forces. L’alpinisme a ceci entre autres de bon qu’il vous met aux prises avec vos lacunes et vons enseigne à accepter la réalité.

Je redescends lentement vers la tente pendant que les autres poursuivent leur montée. La vent se met à souffler avec force et les oblige, tant le froid est vif, à endosser des vêtements supplémentai­res. Las difficultés sont minimes mais l’effort est énorme qui poussera leur corps las aux limites de son endurance jusqu’à l’objectif final. À 7546 metres, le sommet est plat et rocheux, la neige aussi dure que le granit sons l’effet du vent. La temps manque pour se laisser aller à l’émotion et à l’ivresse car pour en sortir, il va falloir regagner la tente et sa chaleur nourricière. Pat revient le premier, il s’est laissé dévaler dn sommet en ski clans son équipement Nordic. Stephen le suit puis, un peu plus tard, Lloyd, à bout de forces. Il lui faut plus d’une heure pour être capable de boire le thé que je lui ai préparé. Ce lointain sommet qui toujours se dérobait nous a vidés d’une bonne partie de notre substance.

L’an prochain, ce sera l’Éverest. Qui sait les épreuves qu’il nous réserve? Une chose est sûre, pourtant: son ascension sera plus dure, infiniment. Quand nous aurons atteint l’altitude du sommet du Muztagh Ata, les difficultés ne feront ne commencer. Le défi n’aura pas le même visage non plus: les participants seront plus nombreux, l’ascension plus longue, les hauteurs plus impressionnan­tes. Les auxiliaires seront en revanche plus nombreux et plus perfectionnés: guides sherpas, oxygène, approvisionne­ments et personnel de sontien abon­dants au camp de base. L’Éverest gagne­ra peut-être, mais d’avoir lutté centre lui restera sans aucun doute notre plus grand combat. Affronter les 8850 mètres du Toit du monde now poussera vers les limites de nous-mêmes comme jamais encore et plus près que nous n’avions osé le rêver. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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